Le parcours architectural et culturel
Le parcours vous invite à découvrir l’histoire de la cité du Moyen-Age à nos jours à travers ses principaux monuments. Ces édifices sont les témoins de la riche histoire de la commune, tour à tour cité royale, ville commerciale, site de villégiature en bord de Seine puis ville industrielle. Vous découvrirez ainsi la collégiale et les vestiges du prieuré royal qui attestent de l’importance de la cité au temps des Capétiens, la halle du marché et l’octroi, signes d’une prospérité commerciale avec entre autre le marché aux bestiaux, l’hôtel de ville, construction édilitaire de l’époque du Front Populaire, la Maison de Fer, et enfin la Villa Savoye manifeste de la modernité et symbole de l’architecture du XXè siècle.
La Collégiale Notre-Dame
Classée Monument Historique depuis 1841, la Collégiale Notre-Dame n'est pas qu'une simple église, c'est un véritable livre d'architecture.
Elle fut rebâtie au XIIᵉ siècle sur les fondations d'un édifice plus ancien (dont seule la majestueuse tour-porche du XIᵉ siècle a survécu). Son architecture témoigne d'une transition gracieuse et harmonieuse entre l'austérité du style roman et l'élégance montante du style gothique.
La Collégiale a évolué au fil des siècles, chaque époque laissant sa marque :
- XVᵉ Siècle : On lui ajoute des chapelles latérales sur le côté nord.
- Début XVIᵉ Siècle : Le Porche Royal fait son apparition, offrant un étonnant dialogue des styles : remarquez le décor gothique flamboyant de la porte de gauche, contrastant avec la composition plus sereine et équilibrée de la Renaissance sur la porte de droite.
Le XIXᵉ siècle est marqué par d'importantes restaurations sous la direction du célèbre architecte Viollet-le-Duc qui a redessiné le chœur et la chapelle (reconstruits initialement au XIVᵉ siècle) pour "rétablir" l'esprit du style roman du XIIᵉ siècle. Dans cette optique, il remplaça notamment les anciennes fenêtres hautes par des oculis – ces grandes baies circulaires qui donnent tant de caractère au chœur.
Malgré toutes ces interventions, la nef a su préserver sa structure d'origine. Lors de votre visite du site, n’hésitez pas à lever les yeux pour admirer sa composition classique à trois niveaux : les grandes arcades au sol, le triforium au milieu, et les fenêtres hautes qui inondent l'espace de lumière.
Le Prieuré Royal
Fondé en 1304 par le roi Philippe le Bel en l'honneur de son aïeul, Saint Louis, le Prieuré Royal était autrefois un vaste et influent monastère dominicain. Si une grande partie a disparu aujourd'hui, cet ensemble gothique s'organisait autour d'une immense église et suivait le plan classique des grands monastères médiévaux, avec deux cours ouvertes et leurs cloîtres.
Le prieuré était protégé par un mur d'enceinte épais et crénelé. L'entrée principale se faisait par l'impressionnante Porte Royale (la Porterie), un véritable bâtiment défensif flanqué de deux tours massives.
C'est là que l'histoire rencontre le présent : classée monument historique depuis 1933, cette même porterie accueille aujourd'hui Musée du Jouet depuis 1976.
Dans l'enclos de l'abbaye, l'ancien chemin pavé de la « franchise » desservait les bâtiments conventionnels. Malheureusement, la Révolution française fut dévastatrice : en 1796, la plupart des constructions furent détruites pour servir de carrières de pierres.
Pourtant, certains éléments ont été sauvés ou réaménagés :
- L'Hôtel Meissonier : Au XIXᵉ siècle, plusieurs maisons bourgeoises furent bâties. L'une d'elles, celle de Charles Meissonier, est l'ancienne ferme du prieuré. Rénovée dans un style néogothique, elle se situe au-dessus de l'arche des franchises. Son atelier, au premier étage, s'ouvre sur de larges baies. Cherchez le style gothique dans les lucarnes trilobées et les fenêtres à meneaux, ornées de petits carreaux de verre sertis de plomb.
- La Granges aux Dîmes : Parmi les vestiges les plus anciens, subsiste la grange. Datant du XIVᵉ siècle, elle fut agrandie peu après sa construction pour collecter l'impôt de la dîme.
L'Hôtel de Ville
L'Hôtel de Ville est bien plus qu'un simple bâtiment municipal. Inauguré le 12 décembre 1937, ce monument, inscrit à l'inventaire des monuments historiques, témoigne du renouveau architectural des années 1930.
Conçu par les architectes Pierre Mathé et Henri Calsat, l'édifice combine l'utile à l'agréable : il abrite non seulement les services municipaux, mais aussi un théâtre-salle polyvalente au rez-de-chaussée, capable d'accueillir jusqu'à 1 000 personnes !
L'architecture est marquée par la rigueur et la symétrie de ses formes. Les façades sont érigées en béton armé bouchardé sur un socle en pierre de Hauteville.
- Verticalité : L'impression de hauteur est accentuée par des poteaux massifs en béton qui rappellent un ordre colossal, rythmant élégamment les travées.
- Agrandissement : Au milieu du XXᵉ siècle, l'Hôtel de Ville fut surélevé d'un troisième étage sur ses ailes latérales.
L'édifice est orné d'œuvres d'art remarquables :
- Le Bas-Relief : Sur la façade, vous pouvez admirer un bas-relief en béton moulé de l'artiste Ossip Zadkine. Cette œuvre puissante représente au centre un ouvrier assis symbolisant le Travail. Il est entouré de deux figures féminines : celle de gauche incarne la Musique (avec un violon), et celle de droite le Théâtre (avec un masque).
- La Fresque : Dans le hall d'accueil, face à l'entrée, ne manquez pas la fresque sur béton réalisée par le peintre Théodore Brenson en 1937. Cette peinture vibrante illustre un décor de la Commedia dell'arte, évoquant l'influence du théâtre Molière. Les personnages, dont des danseuses dans un paysage de campagne, sont peints aux côtés d'hommages discrets aux monuments de Poissy, comme la Collégiale Notre-Dame, la porterie du Prieuré Royal et le vieux pont.
La Halle du Marché & Le Pavillon d'Octroi
L'histoire commerciale de la ville est profonde, puisque le marché aux bestiaux existait déjà sous le règne de Philippe Auguste ! Son rôle principal était essentiel : il assurait l'approvisionnement de la ville de Paris en viande de boucherie.
Au XIXᵉ siècle, le marché s'agrandit, se dote d'un nouvel octroi et d'une nouvelle halle, construite entre 1825 et 1831. Réalisée sur les plans de l'architecte Auguste Goy, cette structure utilisait des techniques traditionnelles : elle est composée de fortes piles en pierre de taille qui soutiennent la charpente à large portée (53m sur 17m).
En 1852, la halle fut encore agrandie par l'architecte Greppin. Il l'entoura d'un bas-côté supporté par des colonnes de fonte et la couvrit d'une structure métallique. Cette architecture s'inspire directement des procédés industriels mis en place par Victor Baltard pour les célèbres Halles de Paris.
L'ancienne porte de Paris a été remplacée par le Pavillon de l'Octroi en 1832. De plan octogonal et construit en pierre de taille, le bâtiment est d'un élégant style néo-classique.
- Ses deux entrées sont magnifiquement soulignées par un portique à deux colonnes doriques.
- Le tout est surmonté d'un fronton triangulaire, et son toit est soutenu par une élégante corniche à modillons.
Sur l'une des façades, une sculpture en bas-relief célèbre les richesses de la région, symbolisant l'agriculture, la pêche et la vente des animaux de boucherie.
La Villa Savoye
La Villa Savoye n'est pas qu'une maison, c'est un véritable manifeste de l'architecture moderne. Construite par le célèbre Le Corbusier entre 1928 et 1931, elle a été conçue comme une résidence de week-end, offrant un terrain de jeu complet à la créativité de l'architecte.
Elle est la synthèse de ses recherches et illustre parfaitement les cinq points de l'architecture moderne :
- Les Pilotis : La maison s'élève du sol.
- Le Toit-Jardin : Le toit devient un véritable espace de vie.
- Les Fenêtres en Bandeaux : Elles offrent une vue panoramique inoubliable.
- La Façade Libre : Elle n'est plus porteuse.
- Le Plan Libre : Il permet une totale liberté dans l'aménagement des espaces intérieurs.
Surnommée les « Heures Claires » par ses propriétaires, la Villa Savoye est incroyablement lumineuse. Le véritable jardin est intégré à l'intérieur, au premier étage sur la terrasse—le fameux jardin suspendu. Offrant un grand confort (électricité et chauffage central), elle possède même une salle de bain tapissée de mosaïques avec un espace de repos intégré.
La Maison de Fer
Au cœur du Parc Meissonier, la Maison de Fer est une curiosité architecturale absolument unique. Témoin de l'effervescence industrielle de la fin du XIXᵉ siècle, elle incarne la modernité de l'époque.
Cet édifice doit son nom à un procédé audacieux : inventée par l'ingénieur belge Joseph Danly, la maison est entièrement faite de tôles embouties en métal, de la structure à la toiture. Elle était destinée à être une confortable résidence de villégiature.
Après des dommages importants, la Maison de Fer a connu une formidable reconstruction finalisée en 2020, marquant la renaissance de ce patrimoine.
Aujourd'hui, elle n'est plus seulement une prouesse technique, mais un lieu dédié à la culture :
- Elle accueille la Galerie d'Art et d'Histoire.
- Le premier étage est consacré aux expositions temporaires.
- Sa présence crée un dialogue fascinant : elle se dresse à proximité immédiate de la célèbre Villa Savoye de Le Corbusier.
- C'est l'occasion unique d'observer le contraste saisissant entre l'innovation industrielle du XIXᵉ siècle et l'architecture radicalement moderne du XXᵉ siècle.
- Venez y découvrir l'histoire de Poissy et ce procédé de construction breveté si original.
